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Problematique des dechets nucleaires
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Au moins 14.000 manifestants contre un convoi de déchets nucléaires
BERLIN (AFP) — Nov 9, 2008 Près de 14.000 personnes ont
manifesté samedi aux abords du centre de stockage allemand
de Gorleben (nord), où un convoi de 123 tonnes de déchets
nucléaires retraités en France est attendu lundi, a indiqué
samedi la police.
Selon les organisateurs de la manifestation, ils étaient
16.000 personnes, contre environ 6.000 il y a deux ans lors
du précédent transport de déchets nucléaires à protester
contre ce transfert, bloqué depuis plusieurs heures à la
frontière franco-allemande par trois militants écologistes
allemands.
Cette forte mobilisation pacifique avec plus de 350
tracteurs symbolise la "renaissance du mouvement
antinucléaire" en Allemagne, a déclaré Jochen Stay, porte-parole
de l'association X-tausendmalquer, à l'origine de la
manifestation.
En début de soirée, le convoi était toujours bloqué à la
frontière franco-allemande, en gare de Lauterbourg (France),
trois militants ayant coincé leurs bras dans un bloc de
béton sur les voies ferrées empêchant depuis plusieurs
heures la circulation du train, a indiqué à l'AFP Francis
Althoff, porte-parole de l'association antinucléaire de
Lüchow-Dannenberg.
L'un des trois antinucléaires a été évacué par la police
qui tentait de dégager les deux autres "à l'aide d'un
marteau-piqueur", a-t-il ajouté, estimant que l'opération de
dégagement pourrait "durer encore un peu".
Parti vendredi de Valognes (France), le convoi de onze
conteneurs est arrivé samedi après-midi à Lauterbourg,
dernière gare française de son parcours, après avoir donné
lieu à deux manifestations côté français, l'une en Lorraine,
l'autre en Alsace.
Il s'agit du onzième convoi de déchets radioactifs
vitrifiés issus de centrales allemandes et retraités à
l'usine française de La Hague, dans la Manche.
Environ 16.000 policiers allemands ont été mobilisés pour
protéger le transport. Les vingt derniers kilomètres, de
Dannenberg à Gorleben (à 200 km au nord-ouest de Berlin), se
feront par la route.
Ces transferts donnent lieu traditionnellement à des
manifestations antinucléaires. En Allemagne, de telles
actions des écologistes avaient toutefois perdu en intensité
ces toutes dernières années.
Ce nouvel élan de mobilisation pourrait être attribué au
débat récurrent sur un éventuel report de la fermeture des
centrales nucléaires et aux récentes pannes rapportées dans
le centre de déchets atomiques d'Asse, en Basse-Saxe (nord),
selon les organisateurs de la manifestation.
Les sociaux-démocrates et les Verts allemands, lorsqu'ils
gouvernaient sous le chancelier Gerhard Schröder, avaient
conclu un accord historique sur l'abandon progressif du
nucléaire d'ici 2020. Mais cette politique est critiquée par
une partie de l'industrie et des conservateurs, au pouvoir
dans la grande coalition actuelle avec les
sociaux-démocrates.
samedi le 25 octobre 2008
LYON (AFP) —
Quelque 250 manifestants anti-nucléaire selon les gendarmes, 500
selon les organisateurs, ont protesté samedi après-midi devant la
centrale nucléaire au Tricastin, sur la commune de Bollène (Vaucluse),
pour dénoncer une menace nucléaire "plus présente que jamais".
A l'appel du
réseau "Sortir du Nucléaire", les manifestants ont participé peu
après 15H00 à un "die-in" durant lequel ils se sont tous allongés
pour simuler une mort due à une catastrophe nucléaire, avant de
défiler calmement en direction de la mairie de Bollène.
Certains
portaient une banderole indiquant "Nucléaire = cancer", d'autres
défilaient avec des masques et des combinaisons factices de
radioprotection.
Plusieurs
dizaines de gendarmes étaient sur place dont certains barraient
l'entrée du site du Tricastin à cheval entre la Drôme et le Vaucluse.
"En
participant à cette initiative, il s'agit de rappeler les incidents
graves de cet été sur le site du Tricastin mais aussi en Europe au
laboratoire médical de Fleurus, dans le sud de la Belgique notamment",
a déclaré à l'AFP Stéphane Lhomme, porte-parole de "Sortir du
Nucléaire", qui craint l'éventualité dans l'industrie d'une "véritable
catastrophe".
Dernier sujet
de préoccupation des anti-nucléaires, l'incident au Tricastin, le 8
septembre pendant un arrêt de tranche à la centrale EDF (Drôme),
durant lequel deux des 157 assemblages de combustible d'uranium sont
restés accrochés au couvercle de la cuve du réacteur N.2. L'incident
est toujours classé provisoirement au niveau 1 de l'échelle INES
(International Nuclear Event Scale).
Précédemment
et toujours sur le site du Tricastin, 74 kilos d'uranium avaient été
rejetés dans l'environnement à la suite du débordement d'une cuve à
l'usine Socatri (Areva) à Bollène dans la nuit du 7 au 8 juillet. Et
le 23 juillet, une centaine de travailleurs avaient subi une
contamination par de la poussière radioactive lors d'une opération
de maintenance sur le réacteur n°4 de la centrale EDF, à proximité
de l'entreprise Socatri.
samedi
le 25 octobre 2008
L’opération
de récupération des 2 assemblages de combustible, restés suspendus
lors d’une opération de renouvellement du combustible nucléaire d’un
des réacteurs de la centrale du Tricastin, a été lancée par EDF ce
mercredi 22 octobre.
C’est le 8 septembre
dernier, alors que le couvercle de la cuve du réacteur et les
structures internes supérieures de maintien étaient retirés pour
remplacer le combustible, que
2 assemblages (sur les 157 que compte le réacteur) sont restés
accrochés aux structures au cours de l’enlèvement.
Cet incident
a évidemment bloqué l’intervention, les 2 assemblages restant
suspendus sous l’eau dans la cuve, tandis que l’exploitant faisait
procéder à l’évacuation du bâtiment réacteur et à son isolement.
Avant de procéder au décrochage des 2 assemblages, EDF devait
d’abord obtenir l’assentiment de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN)
sur la procédure arrêtée. Alors qu’un premier procédé a été présenté
le 30 septembre, c’est finalement la solution technique proposée par
EDF le 14 octobre qui est actuellement mise en œuvre.
Avant de
donner son accord, l’ASN a assisté aux opérations de qualification
du nouveau procédé, le 17 octobre au centre d’expérimentation et de
validation des techniques d’intervention sur chaudières nucléaires à
eau pressurisée (CETIC) de Chalon-sur-Saône.
Un des points
importants tient à l’engagement de EDF d’assurer la sécurisation des
assemblages contre le risque de chute (1), avant toute opération de
décrochage. Par ailleurs, à l’issue de l’intervention, il a
également été demandé à EDF de vérifier l’état des structures
internes supérieures auxquelles sont habituellement suspendus les
assemblages combustibles.
A noter que le Réseau Sortir du nucléaire n’a pas été entendu dans
sa demande de rendre la date d’intervention publique à l’avance,
pour permettre aux riverains de décider s’ils veulent rester ou non
à proximité de la centrale lors de l’opération.
(1) - L’ASN
considère que "une éventuelle chute des deux assemblages pourrait
avoir deux conséquences : un risque de criticité, à savoir le
déclenchement d’une réaction en chaîne incontrôlée; et un risque de
relâchement à l’intérieur et à l’extérieur de la centrale de
produits de fission gazeux".
Conversion énergétique
Le physicien
nucléaire Michel Duguay milite contre la réfection de Gentilly-2
afin d’éviter que le Québec commette «la pire erreur de son
histoire»
Le journal de la communauté universitaire
Oct.
16-08 Par
Jean Hamann
«Les universités ont été inventées pour que les gens puissent
réfléchir et s’exprimer sur des enjeux qui touchent la société.
Face à la décision du gouvernement du Québec d’aller de l’avant
avec la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2, je
ressens l’obligation morale de prendre part au débat. Si le
projet se réalise, ce sera la pire erreur de l’histoire du
Québec.» Lorsqu’il est question de nucléaire, Michel Duguay,
physicien nucléaire et professeur au Département de génie
électrique et de génie informatique, fait montre d’une énergie
qui est tout sauf douce. Depuis deux ans, il profite de toutes
les tribunes qui lui sont offertes pour exprimer avec ardeur son
opposition à la réfection de la seule centrale nucléaire du
Québec. Comme cette décision engagera le Québec pour les 25
prochaines années, il sait bien, à 69 ans, que c’est là sa
dernière chance d’infléchir le cours des choses...
continuer l'histoire
Gentilly-2: Un risque
financier?
mardi
2008-10-07 18:39:54 (Source: Radio-Canada)
Radio-Canada a
appris qu'en plus du 1,9 milliard de dollars qu'octroie Hydro-Québec
à la réfection de la centrale nucléaire, le gouvernement du Québec
doit consentir une garantie financière de 1,6 milliard pour le
projet.
La réfection
de la centrale nucléaire Gentilly-2 à Bécancour
coûtera encore plus cher au gouvernement québécois.
La télévision de Radio-Canada a appris qu'en plus du
1,9 milliard de dollars qu'Hydro-Québec alloue au
projet, Québec doit fournir une nouvelle garantie
financière de 1,6 milliard pour moderniser la
centrale.
En vertu
d'une loi, la Commission canadienne de sûreté nucléaire exige une
garantie financière de l'État pour couvrir les coûts d'une
éventuelle démolition de la centrale Gentilly-2.
Jusqu'à
présent, la garantie exigée à Québec pour la centrale Gentilly-2 se
chiffrait à 685 millions de dollars. Avec le projet de réfection,
elle s'élève maintenant à 1,6 milliard de dollars.
Selon
l'économiste Jean-Thomas Bernard, l'évaluation de ces coûts
représente un risque pour le gouvernement québécois. « À un moment
donné, il y aura des coûts réels à supporter pour enfouir,
décontaminer le site. [...] Est-ce que ce sera suffisant dans 25,
30 ans? Présentement, c'est très difficile de se prononcer à ce
sujet », prévient-il.
Pour Jacques
Dagenais, un ex-financier à la retraite, les coûts du démantèlement
de la centrale nucléaire sont sous-évalués: « La centrale Gentilly-2
représente le plus grand risque financier et environnemental au
Québec ».
M. Dagenais a
d'ailleurs demandé une enquête du vérificateur général sur le prix
réel du nucléaire. Il conteste les chiffres d'Hydro-Québec qui
évalue le coût de gestion des déchets nucléaires à 200 000 $ la
tonne. À son avis, le coût se chiffre plutôt à 1 million de dollars
la tonne.
Le président d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, affirme que
l'électricité produite à Gentilly-2 revient à 7,2 ¢ du kilowatt-heure.
Aux États-Unis, une étude financée par l'industrie nucléaire évalue
plutôt le coût entre 8 ¢ et 11 ¢ du kWh.
L'opposition
persiste
Par ailleurs, un regroupement d'artistes, d'écologistes et de
scientifiques a lancé la campagne « Sortons le Québec du nucléaire »,
mardi, pour s'opposer à la réfection de la centrale Gentilly-2.
Le groupe d'opposants avance qu'Hydro-Québec sous-estime les coûts
de la réfection de la centrale nucléaire. Le groupe évalue le
montant à 3,8 milliards de dollars plutôt que la somme de
1,9 milliard avancée par la société d'État.
De plus, les opposants remettent en question la pertinence de
procéder à ces coûteuses réfections alors qu'Hydro-Québec développe
déjà de nouveaux barrages hydroélectriques et des parcs d'éoliennes.
Le groupe d'opposants, mené par la cofondatrice d'Équiterre, Laure
Waridel, prêche en faveur de mesures d'efficacité énergétique plutôt
que d'augmenter l'offre d'énergie. Le public est d'ailleurs invité à
signer une pétition en ligne et à adresser un message à
Hydro-Québec, de même qu'au premier ministre Jean Charest.
Le président et directeur général de la société d'État, Thierry
Vandal, a annoncé la réfection de Gentilly-2 le 19 août dernier. Il
expliquait alors que cette réfection était nécessaire pour sécuriser
l'approvisionnement énergétique du Québec.
La réfection de Gentilly-2 soulève les protestations
Francois Cardinal La Presse Oct 8-2008
Écologistes,
scientifiques et artistes ont uni
leurs voix, hier, à Montréal, pour
dénoncer la réfection de la centrale
nucléaire de Gentilly-2. S'amorçait
ainsi une campagne de mobilisation
que l'on promet longue et bruyante.
En réaction à la décision que le
gouvernement a «prise en catimini»
en août dernier, en pleins Jeux
olympiques, Diane Dufresne, Martin
Petit et Laure Waridel ainsi que
plusieurs autres personnalités ont
pris la parole à la Société des arts
technologiques.
Ils ont
d'abord
et avant
tout
décrié
le fait
qu'il
n'y ait
ni débat
public,
ni
audiences,
ni
commission
parlementaire
sur cet
enjeu de
grande
importance
sur les
plans
environnemental
et
financier.
Afin de
combler
cette
lacune,
ont-ils
dit, ils
ont
lancé
une
pétition
en ligne
afin de
mobiliser
les
Québécois.
«Les
trois
partis
provinciaux
sont
quasiment
en
collusion
sur cet
enjeu,
ce que
nous
trouvons
effrayant»,
a lancé
le
directeur
général
de
Nature
Québec,
Christian
Simard.
Les
écologistes
ont
ainsi
voulu
réunir
des gens
de
différents
milieux
dans une
vaste
coalition
afin de
prouver
que
l'assentiment
des
partis
ne
signifie
pas
l'assentiment
des
Québécois.
À
l'émotion
des
artistes,
ils ont
joint le
pragmatisme
des
scientifiques.
«Il
existe
des
solutions
de
rechange
(au
nucléaire)
beaucoup
moins
coûteuses
et
beaucoup
plus
écologiques,
a
indiqué
Michel
Duguay,
docteur
en
physique
nucléaire
et
professeur
en génie
électrique
à
l'Université
Laval.
Elles
devraient
être
privilégiées,
non
seulement
pour des
raisons
de santé
publique
et
d'environnement,
mais
même
pour des
raisons
économiques.»
Même
son de
cloche
de la
part
d'Éric
Notebaert,
professeur
à
l'Université
de
Montréal,
et de
Ian
Fairlie,
expert-conseil
britannique
en
radiation,
qui a
exprimé
ses
craintes
par
téléphone.
Les deux
hommes
ont
parlé
des
polluants
que
Gentilly-2
rejette
dans
l'air et
l'eau,
lesquels
seraient
ensuite
absorbés
par le
corps
humain.
Selon
le Dr
Notebaert,
la
fission
des
atomes
d'uranium
produit
des
isotopes
radioactifs
(comme
l'iode-131
et le
césium-137)
qui
peuvent
provoquer
le
cancer
et des
malformations
congénitales
lorsqu'ils
sont
ingérés.
Quant au
Dr
Fairlie,
il a
fait
référence
au
tritium,
un
isotope
radioactif
de
l'hydrogène,
afin de
souligner
que le
Canada
et le
Québec
ont des
seuils
d'acceptabilité
plus de
400 fois
plus
élevés
que ceux
de la
Californie.
Désireux de faire de cette question un des principaux enjeux des prochaines élections provinciales, les partisans de la campagne «Sortons le Québec du nucléaire» ont aussi envoyé une lettre au premier ministre, Jean Charest, pour lui exprimer leur mécontentement. Signée par notamment par Frédéric Back, Michel Rivard, François Avard, Isabelle Blais, Gérald Larose, Richard Séguin, Guy Corneau et Daniel Lavoie, cette missive demande au gouvernement de fermer et de décontaminer Gentilly-2 une fois pour toutes.
À ce titre, d'ailleurs, les militants ont rappelé que le premier ministre Charest s'est déjà battu contre la construction d'un site d'enfouissement de déchets radioactifs au Vermont, aux limites de sa circonscription.
«Jean Charest devrait relire la lettre qu'il a écrite en avril 2003, juste avant son élection, dans laquelle il déclarait que le Parti libéral n'était pas en faveur de poursuivre le développement nucléaire», a indiqué Gordon Edwards, président du Regroupement pour la surveillance du nucléaire.
Le Soleil - Point de vue
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Thomas Mulcair*, Daniel Breton**,
Denis L'homme***,
Jean-Claude Rocheleau**** et Richard
Marois
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le 30 aout 2008
Il y a
quelques jours, Hydro-Québec et le gouvernement du Québec ont
annoncé la réfection de la centrale nucléaire Gentilly 2.
Cette annonce laisse néanmoins plusieurs questions sans
réponse.
À ce jour, huit réfections de divers niveaux de réacteurs
Candu (du type de celui de Gentilly 2) ont été faites. Voici
six exemples bien documentés :Pickering-A-1: La première
réfection a prolongé la vie du réacteur de 10 ans.
Une deuxième réfection a été faite et depuis, ce réacteur
n'a fonctionné que 50 % du temps. La réfection a prolongé sa
vie de neuf ans. Fermé en 1997 La réfection a prolongé sa
vie de six ans. Fermé en 1997. La première réfection n'a
prolongé sa vie que de trois ans! Après une deuxième
réfection où on l'a réouvert en 2003, il n'a fonctionné
depuis que 50 % du temps.
(Source :
www.cns-snc.ca/history/Canadian_ nuclear_history.html)
Sachant cela, comment Hydro peut-elle prétendre que la
réfection prolongera la vie de Gentilly 2 de 25 ans? Lors
des audiences du BAPE sur la gestion des déchets nucléaires
en 1994, puis en 2005, le BAPE a exigé d'Hydro-Québec un
plan à long terme. Après 14 ans, Hydro n'a toujours rien
présenté. Comment alors peut-on aller de l'avant sans avoir
répondu à ces questions préoccupantes?
En 2004, pour les projets de construction des centrales du
Suroît et de Bécancour, Hydro nous assurait que le prix de
l'électricité produite par ces centrales avoisinerait les
6,5 cents du kilowattheure. La réalité s'est révélée environ
75 % plus chère et ce prix ne cesse d'augmenter.
Pour Gentilly 2, Hydro-Québec nous assure que le
kilowattheure sera de 7,2 cents. Comment Hydro peut-elle
avancer un tel prix avant d'avoir été soumis au rapport de sûreté
nucléaire à la CCSN (Commission canadienne de sûreté
nucléaire). Ce rapport inclut les nouvelles normes de sûreté
maintenant beaucoup plus sévères à la suite des événements
du 11 septembre 2001 et à l'utilisation de meilleurs
logiciels pour analyser et contrôler l'opération des
réacteurs Candu. L'application de ces normes va
nécessairement augmenter radicalement le prix de la
réfection de Gentilly 2.
Considérant l'importance croissante pour la population de la
protection de l'environnement, n'est-ce pas pelleter le
problème en avant que de reporter à plus tard l'épineuse
question du déclassement de cette centrale et donc son legs.
Comment le gouvernement et Hydro ont-ils déjà pu investir,
sans débat public, plus de 300 millions $ sur l'avenir de
cette centrale ?
Thierry Vandal soulignait l'importance de Gentilly 2 dans la
stabilisation du réseau. Sachant que cette centrale fut
souvent arrêtée depuis quelques années, comment ont-ils
procédé à ces occasions? Et comment feront-il durant les
deux ans de réfection ?
En cas de déclassement, Hydro dit devoir attendre 40 ans
avant d'entrer dans le coeur du réacteur par mesure de
sécurité pour les employés et la population. Dans le cas de
la réfection, une grande partie du travail est le même que
lors du déclassement. Comment peuvent-ils expliquer un délai
si court (trois mois) avant d'y entrer?
Les médias savent-ils que la chaire en économique de
l'énergie électrique de Jean-Thomas Bernard, économiste
spécialisé en énergie à l'Université Laval qui a donné un
avis favorable au projet de réfection de la centrale de
Gentilly 2, fait partie de l'institut Hydro-Québec en
environnement, développement et société et est ainsi
financée par Hydro?
Par ailleurs, la firme Moody's a averti toutes les
entreprises qui se lancent ou se relancent dans l'énergie
nucléaire qu'elles pourraient voir leur cote de crédit dépréciée,
augmentant les taux de leur prêts. ( H-Q : 34 milliards )Le
coût de l'entreposage sécuritaire des déchets radioactifs
est maintenant évalué à 1 million $ la tonne. Nous en avons
déjà 2 500 tonnes dont nous n'avons pas encore disposé
correctement, pour un total de 2,5 milliards $. Ajoutons à
cela les déchets de réfection et le combustible pour les 25
prochaines années et la facture des déchets avoisinera les 8
milliards $. N'oublions pas que Gentilly 2 a coûté quatre
fois plus cher que les estimations initiales! Finalement,
deux conditions fondamentales n'ont pas été remplies.
Un, sans audiences du BAPE, Hydro et le gouvernement
procèdent de façon illégitime du point de vue social et
environnemental. Deux, nous sommes obligés de nous fier aux
représentants d'Hydro sur la nécessité énergétique de
Gentilly 2. Comme ils se sont souvent trompés (certains
diraient : nous ont trompés) dans le passé, permettez-nous
de douter.
Des audiences devant la Régie de l'énergie sont absolument
nécessaires, mais avec tous les chiffres d'Hydro cette
fois-ci, pas seulement une partie.
Expertise mondiale
C'est pour toutes ces raisons que ne sommes pas favorables à
sa réfection mais plutôt à son déclassement. Cela représente
des opérations considérables de gestion et de mesures de la
radioactivité, ce qui créera beaucoup d'emplois. Nous
pourrons ainsi développer une expertise mondiale car un
nombre grandissant de centrales arrivent en fin de vie et
cette expertise est à peu près inexistante.
La centrale Gentilly 1, voisine de Gentilly 2, pourrait
servir à développer cette expertise car elle est arrêtée
depuis assez longtemps (30 ans) pour que les travailleurs
puissent y avoir accès de façon sécuritaire.
Il est temps pour nous tous de développer les énergies
vraiment vertes telles que l'efficacité énergétique,
l'éolien, la géothermie, le solaire et autres solutions
d'avenir. Le véritable développement durable doit considérer
les aspects sociaux, économiques et écologiques d'un projet.
Le gouvernement Charest a d'ailleurs voté la Loi sur le développement
durable en 2006, loi qui l'obligeait à présenter un plan
dans l'année qui suivait, ce qu'il n'a pas fait. Une chose
est cependant sûre : la réfection de Gentilly 2 ne répond
positivement à aucun des trois critères.
Linda Keen inquiète
Mise à jour le lundi 23 février 2009 à 22 h 52
L'ancienne présidente de la Commission canadienne de
sûreté nucléaire, Linda Keen, a accordé sa première entrevue
depuis son congédiement par le gouvernement Harper, en
janvier 2008.
Limogée à la suite de la crise des isotopes médicaux,
Linda Keen, qui conteste son congédiement, se dit maintenant
inquiète, non seulement pour l'indépendance politique de
l'organisme, mais aussi pour la santé des Canadiens.
L'indépendance de la Commission canadienne de sûreté
nucléaire est remise en cause, selon elle.
Linda Keen indique que, durant la crise, le ministre Gary
Lunn, alors ministre des Ressources naturelles, l'a appelée
à deux reprises. Lors du premier appel, le ministre Lunn
cherchait des solutions, convient Mme Keen. Or, la deuxième
fois, dit-elle, le ministre lui a ordonné de faire
redémarrer le réacteur.
Cet ordre a été un choc, dit Mme Keen, qui estime que le
ministre « a brisé la ligne entre la politique et
l'indépendance ».
Crise des isotopes: rappel des faits
En décembre 2007, le système de santé canadien a
traversé une crise, à la suite de la fermeture
temporaire, pour des raisons de sécurité, du
réacteur nucléaire de Chalk River, en Ontario. C'est
ce réacteur qui fournit les isotopes nécessaires au
traitement de milliers de patients.
Le gouvernement Harper a blâmé puis congédié Linda
Keen, alors à la tête de la Commission canadienne de
sûreté nucléaire. Mme Keen avait refusé d'autoriser
le redémarrage du réacteur de Chalk River, tant et
aussi longtemps qu'Énergie atomique du Canada ne
remplissait pas les conditions de son permis.
Pourtant, un document gouvernemental reconnaît
qu'Énergie atomique du Canada, un organisme fédéral,
a contrevenu aux conditions de son permis. Deux
pompes d'urgence qui devaient être branchées ne
l'étaient pas.
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