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   July 2008  August-2008  October 2008              link to  Sustainable energy News

Watch documentary Chernobyl Heart http://www.guba.com/watch/3000049921

Problematique des dechets nucleaires   http://www.polymtl.ca/nucleaire/docs/documents/BAPE_DR_V2.pdf

Au moins 14.000 manifestants contre un convoi de déchets nucléaires
BERLIN (AFP) — Nov 9, 2008

Près de 14.000 personnes ont manifesté samedi aux abords du centre de stockage allemand de Gorleben (nord), où un convoi de 123 tonnes de déchets nucléaires retraités en France est attendu lundi, a indiqué samedi la police.

Selon les organisateurs de la manifestation, ils étaient 16.000 personnes, contre environ 6.000 il y a deux ans lors du précédent transport de déchets nucléaires à protester contre ce transfert, bloqué depuis plusieurs heures à la frontière franco-allemande par trois militants écologistes allemands.

Cette forte mobilisation pacifique avec plus de 350 tracteurs symbolise la "renaissance du mouvement antinucléaire" en Allemagne, a déclaré Jochen Stay, porte-parole de l'association X-tausendmalquer, à l'origine de la manifestation.

En début de soirée, le convoi était toujours bloqué à la frontière franco-allemande, en gare de Lauterbourg (France), trois militants ayant coincé leurs bras dans un bloc de béton sur les voies ferrées empêchant depuis plusieurs heures la circulation du train, a indiqué à l'AFP Francis Althoff, porte-parole de l'association antinucléaire de Lüchow-Dannenberg.

L'un des trois antinucléaires a été évacué par la police qui tentait de dégager les deux autres "à l'aide d'un marteau-piqueur", a-t-il ajouté, estimant que l'opération de dégagement pourrait "durer encore un peu".

Parti vendredi de Valognes (France), le convoi de onze conteneurs est arrivé samedi après-midi à Lauterbourg, dernière gare française de son parcours, après avoir donné lieu à deux manifestations côté français, l'une en Lorraine, l'autre en Alsace.

Il s'agit du onzième convoi de déchets radioactifs vitrifiés issus de centrales allemandes et retraités à l'usine française de La Hague, dans la Manche.

Environ 16.000 policiers allemands ont été mobilisés pour protéger le transport. Les vingt derniers kilomètres, de Dannenberg à Gorleben (à 200 km au nord-ouest de Berlin), se feront par la route.

Ces transferts donnent lieu traditionnellement à des manifestations antinucléaires. En Allemagne, de telles actions des écologistes avaient toutefois perdu en intensité ces toutes dernières années.

Ce nouvel élan de mobilisation pourrait être attribué au débat récurrent sur un éventuel report de la fermeture des centrales nucléaires et aux récentes pannes rapportées dans le centre de déchets atomiques d'Asse, en Basse-Saxe (nord), selon les organisateurs de la manifestation.

Les sociaux-démocrates et les Verts allemands, lorsqu'ils gouvernaient sous le chancelier Gerhard Schröder, avaient conclu un accord historique sur l'abandon progressif du nucléaire d'ici 2020. Mais cette politique est critiquée par une partie de l'industrie et des conservateurs, au pouvoir dans la grande coalition actuelle avec les sociaux-démocrates.

 

samedi le 25 octobre 2008

LYON (AFP) — Quelque 250 manifestants anti-nucléaire selon les gendarmes, 500 selon les organisateurs, ont protesté samedi après-midi devant la centrale nucléaire au Tricastin, sur la commune de Bollène (Vaucluse), pour dénoncer une menace nucléaire "plus présente que jamais".

A l'appel du réseau "Sortir du Nucléaire", les manifestants ont participé peu après 15H00 à un "die-in" durant lequel ils se sont tous allongés pour simuler une mort due à une catastrophe nucléaire, avant de défiler calmement en direction de la mairie de Bollène.
Certains portaient une banderole indiquant "Nucléaire = cancer", d'autres défilaient avec des masques et des combinaisons factices de radioprotection.

Plusieurs dizaines de gendarmes étaient sur place dont certains barraient l'entrée du site du Tricastin à cheval entre la Drôme et le Vaucluse.

"En participant à cette initiative, il s'agit de rappeler les incidents graves de cet été sur le site du Tricastin mais aussi en Europe au laboratoire médical de Fleurus, dans le sud de la Belgique notamment", a déclaré à l'AFP Stéphane Lhomme, porte-parole de "Sortir du Nucléaire", qui craint l'éventualité dans l'industrie d'une "véritable catastrophe".

Dernier sujet de préoccupation des anti-nucléaires, l'incident au Tricastin, le 8 septembre pendant un arrêt de tranche à la centrale EDF (Drôme), durant lequel deux des 157 assemblages de combustible d'uranium sont restés accrochés au couvercle de la cuve du réacteur N.2. L'incident est toujours classé provisoirement au niveau 1 de l'échelle INES (International Nuclear Event Scale).

Précédemment et toujours sur le site du Tricastin, 74 kilos d'uranium avaient été rejetés dans l'environnement à la suite du débordement d'une cuve à l'usine Socatri (Areva) à Bollène dans la nuit du 7 au 8 juillet. Et le 23 juillet, une centaine de travailleurs avaient subi une contamination par de la poussière radioactive lors d'une opération de maintenance sur le réacteur n°4 de la centrale EDF, à proximité de l'entreprise Socatri.
 
  samedi le 25 octobre 2008
 

L’opération de récupération des 2 assemblages de combustible, restés suspendus lors d’une opération de renouvellement du combustible nucléaire d’un des réacteurs de la centrale du Tricastin, a été lancée par EDF ce mercredi 22 octobre.

C’est le 8 septembre dernier, alors que le couvercle de la cuve du réacteur et les structures internes supérieures de maintien étaient retirés pour remplacer le combustible, que 2 assemblages (sur les 157 que compte le réacteur) sont restés accrochés aux structures au cours de l’enlèvement

Cet incident a évidemment bloqué l’intervention, les 2 assemblages restant suspendus sous l’eau dans la cuve, tandis que l’exploitant faisait procéder à l’évacuation du bâtiment réacteur et à son isolement.

Avant de procéder au décrochage des 2 assemblages, EDF devait d’abord obtenir l’assentiment de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) sur la procédure arrêtée. Alors qu’un premier procédé a été présenté le 30 septembre, c’est finalement la solution technique proposée par EDF le 14 octobre qui est actuellement mise en œuvre. 

Avant de donner son accord, l’ASN a assisté aux opérations de qualification du nouveau procédé, le 17 octobre au centre d’expérimentation et de validation des techniques d’intervention sur chaudières nucléaires à eau pressurisée (CETIC) de Chalon-sur-Saône. 

Un des points importants tient à l’engagement de EDF d’assurer la sécurisation des assemblages contre le risque de chute (1), avant toute opération de décrochage. Par ailleurs, à l’issue de l’intervention, il a également été demandé à EDF de vérifier l’état des structures internes supérieures auxquelles sont habituellement suspendus les assemblages combustibles.

A noter que le Réseau Sortir du nucléaire n’a pas été entendu dans sa demande de rendre la date d’intervention publique à l’avance, pour permettre aux riverains de décider s’ils veulent rester ou non à proximité de la centrale lors de l’opération. 

(1) - L’ASN considère que "une éventuelle chute des deux assemblages pourrait avoir deux conséquences : un risque de criticité, à savoir le déclenchement d’une réaction en chaîne incontrôlée; et un risque de relâchement à l’intérieur et à l’extérieur de la centrale de produits de fission gazeux".

Conversion énergétique Le physicien nucléaire Michel Duguay milite contre la réfection de Gentilly-2 afin d’éviter que le Québec commette «la pire erreur de son histoire»

Le journal de la communauté universitaire  Oct. 16-08 Par Jean Hamann

«Les universités ont été inventées pour que les gens puissent réfléchir et s’exprimer sur des enjeux qui touchent la société. Face à la décision du gouvernement du Québec d’aller de l’avant avec la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2, je ressens l’obligation morale de prendre part au débat. Si le projet se réalise, ce sera la pire erreur de l’histoire du Québec.» Lorsqu’il est question de nucléaire, Michel Duguay, physicien nucléaire et professeur au Département de génie électrique et de génie informatique, fait montre d’une énergie qui est tout sauf douce. Depuis deux ans, il profite de toutes les tribunes qui lui sont offertes pour exprimer avec ardeur son opposition à la réfection de la seule centrale nucléaire du Québec. Comme cette décision engagera le Québec pour les 25 prochaines années, il sait bien, à 69 ans, que c’est là sa dernière chance d’infléchir le cours des choses... continuer l'histoire

 Gentilly-2: Un risque financier?

mardi 2008-10-07 18:39:54 (Source: Radio-Canada) 

 
Radio-Canada a appris qu'en plus du 1,9 milliard de dollars qu'octroie Hydro-Québec à la réfection de la centrale nucléaire, le gouvernement du Québec doit consentir une garantie financière de 1,6 milliard pour le projet.
 
 
La réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2 à Bécancour coûtera encore plus cher au gouvernement québécois. La télévision de Radio-Canada a appris qu'en plus du 1,9 milliard de dollars qu'Hydro-Québec alloue au projet, Québec doit fournir une nouvelle garantie financière de 1,6 milliard pour moderniser la centrale. 
 

 
En vertu d'une loi, la Commission canadienne de sûreté nucléaire exige une garantie financière de l'État pour couvrir les coûts d'une éventuelle démolition de la centrale Gentilly-2.

 
Jusqu'à présent, la garantie exigée à Québec pour la centrale Gentilly-2 se chiffrait à 685 millions de dollars. Avec le projet de réfection, elle s'élève maintenant à 1,6 milliard de dollars.

 
Selon l'économiste Jean-Thomas Bernard, l'évaluation de ces coûts représente un risque pour le gouvernement québécois. « À un moment donné, il y aura des coûts réels à supporter pour enfouir, décontaminer le site. [...] Est-ce que ce sera suffisant dans 25, 30 ans? Présentement, c'est très difficile de se prononcer à ce sujet », prévient-il.

 
Pour Jacques Dagenais, un ex-financier à la retraite, les coûts du démantèlement de la centrale nucléaire sont sous-évalués: « La centrale Gentilly-2 représente le plus grand risque financier et environnemental au Québec ».

 
M. Dagenais a d'ailleurs demandé une enquête du vérificateur général sur le prix réel du nucléaire. Il conteste les chiffres d'Hydro-Québec qui évalue le coût de gestion des déchets nucléaires à 200 000 $ la tonne. À son avis, le coût se chiffre plutôt à 1 million de dollars la tonne.

Le président d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, affirme que l'électricité produite à Gentilly-2 revient à 7,2 ¢ du kilowatt-heure. Aux États-Unis, une étude financée par l'industrie nucléaire évalue plutôt le coût entre 8 ¢ et 11 ¢ du kWh.

L'opposition persiste

Par ailleurs, un regroupement d'artistes, d'écologistes et de scientifiques a lancé la campagne « Sortons le Québec du nucléaire », mardi, pour s'opposer à la réfection de la centrale Gentilly-2.

Le groupe d'opposants avance qu'Hydro-Québec sous-estime les coûts de la réfection de la centrale nucléaire. Le groupe évalue le montant à 3,8 milliards de dollars plutôt que la somme de 1,9 milliard avancée par la société d'État.

De plus, les opposants remettent en question la pertinence de procéder à ces coûteuses réfections alors qu'Hydro-Québec développe déjà de nouveaux barrages hydroélectriques et des parcs d'éoliennes.
Le groupe d'opposants, mené par la cofondatrice d'Équiterre, Laure Waridel, prêche en faveur de mesures d'efficacité énergétique plutôt que d'augmenter l'offre d'énergie. Le public est d'ailleurs invité à signer une pétition en ligne et à adresser un message à Hydro-Québec, de même qu'au premier ministre Jean Charest.

Le président et directeur général de la société d'État, Thierry Vandal, a annoncé la réfection de Gentilly-2 le 19 août dernier. Il expliquait alors que cette réfection était nécessaire pour sécuriser l'approvisionnement énergétique du Québec.

 

La réfection de Gentilly-2 soulève les protestations

Francois Cardinal La Presse Oct 8-2008

Écologistes, scientifiques et artistes ont uni leurs voix, hier, à Montréal, pour dénoncer la réfection de la centrale nucléaire de Gentilly-2. S'amorçait ainsi une campagne de mobilisation que l'on promet longue et bruyante.

En réaction à la décision que le gouvernement a «prise en catimini» en août dernier, en pleins Jeux olympiques, Diane Dufresne, Martin Petit et Laure Waridel ainsi que plusieurs autres personnalités ont pris la parole à la Société des arts technologiques.
Ils ont d'abord et avant tout décrié le fait qu'il n'y ait ni débat public, ni audiences, ni commission parlementaire sur cet enjeu de grande importance sur les plans environnemental et financier. Afin de combler cette lacune, ont-ils dit, ils ont lancé une pétition en ligne afin de mobiliser les Québécois.

«Les trois partis provinciaux sont quasiment en collusion sur cet enjeu, ce que nous trouvons effrayant», a lancé le directeur général de Nature Québec, Christian Simard.

Les écologistes ont ainsi voulu réunir des gens de différents milieux dans une vaste coalition afin de prouver que l'assentiment des partis ne signifie pas l'assentiment des Québécois. À l'émotion des artistes, ils ont joint le pragmatisme des scientifiques.

«Il existe des solutions de rechange (au nucléaire) beaucoup moins coûteuses et beaucoup plus écologiques, a indiqué Michel Duguay, docteur en physique nucléaire et professeur en génie électrique à l'Université Laval. Elles devraient être privilégiées, non seulement pour des raisons de santé publique et d'environnement, mais même pour des raisons économiques.»

Même son de cloche de la part d'Éric Notebaert, professeur à l'Université de Montréal, et de Ian Fairlie, expert-conseil britannique en radiation, qui a exprimé ses craintes par téléphone. Les deux hommes ont parlé des polluants que Gentilly-2 rejette dans l'air et l'eau, lesquels seraient ensuite absorbés par le corps humain.

Selon le Dr Notebaert, la fission des atomes d'uranium produit des isotopes radioactifs (comme l'iode-131 et le césium-137) qui peuvent provoquer le cancer et des malformations congénitales lorsqu'ils sont ingérés. Quant au Dr Fairlie, il a fait référence au tritium, un isotope radioactif de l'hydrogène, afin de souligner que le Canada et le Québec ont des seuils d'acceptabilité plus de 400 fois plus élevés que ceux de la Californie.

Désireux de faire de cette question un des principaux enjeux des prochaines élections provinciales, les partisans de la campagne «Sortons le Québec du nucléaire» ont aussi envoyé une lettre au premier ministre, Jean Charest, pour lui exprimer leur mécontentement.

Signée par notamment par Frédéric Back, Michel Rivard, François Avard, Isabelle Blais, Gérald Larose, Richard Séguin, Guy Corneau et Daniel Lavoie, cette missive demande au gouvernement de fermer et de décontaminer Gentilly-2 une fois pour toutes.

À ce titre, d'ailleurs, les militants ont rappelé que le premier ministre Charest s'est déjà battu contre la construction d'un site d'enfouissement de déchets radioactifs au Vermont, aux limites de sa circonscription.

«Jean Charest devrait relire la lettre qu'il a écrite en avril 2003, juste avant son élection, dans laquelle il déclarait que le Parti libéral n'était pas en faveur de poursuivre le développement nucléaire», a indiqué Gordon Edwards, président du Regroupement pour la surveillance du nucléaire.

 

Le Soleil - Point de vue

 

 
Thomas Mulcair*, Daniel Breton**, Denis L'homme***, 
Jean-Claude Rocheleau**** et Richard Marois

 

le 30 aout 2008

Il y a quelques jours, Hydro-Québec et le gouvernement du Québec ont annoncé la réfection de la centrale nucléaire Gentilly 2. Cette annonce laisse néanmoins plusieurs questions sans réponse.

À ce jour, huit réfections de divers niveaux de réacteurs Candu (du type de celui de Gentilly 2) ont été faites. Voici six exemples bien documentés :Pickering-A-1: La première réfection a prolongé la vie du réacteur de 10 ans. 

Une deuxième réfection a été faite et depuis, ce réacteur n'a fonctionné que 50 % du temps. La réfection a prolongé sa vie de neuf ans. Fermé en 1997 La réfection a prolongé sa vie de six ans. Fermé en 1997. La première réfection n'a prolongé sa vie que de trois ans! Après une deuxième réfection où on l'a réouvert en 2003, il n'a fonctionné depuis que 50 % du temps. 

(Source : www.cns-snc.ca/history/Canadian_ nuclear_history.html)

Sachant cela, comment Hydro peut-elle prétendre que la réfection prolongera la vie de Gentilly 2 de 25 ans? Lors des audiences du BAPE sur la gestion des déchets nucléaires en 1994, puis en 2005, le BAPE a exigé d'Hydro-Québec un plan à long terme.  Après 14 ans, Hydro n'a toujours rien présenté. Comment alors peut-on aller  de l'avant sans avoir répondu à ces questions préoccupantes?

En 2004, pour les projets de construction des centrales du Suroît et de Bécancour, Hydro nous assurait que le prix de l'électricité produite par ces centrales avoisinerait  les 6,5 cents du kilowattheure. La réalité s'est révélée environ 75 % plus chère et  ce prix ne cesse d'augmenter.

Pour Gentilly 2, Hydro-Québec nous assure que le kilowattheure sera de 7,2 cents. Comment Hydro peut-elle avancer un tel prix avant d'avoir été soumis au rapport de sûreté nucléaire à la CCSN (Commission canadienne de sûreté nucléaire). Ce rapport inclut les nouvelles normes de sûreté maintenant beaucoup plus sévères à la suite des événements du 11 septembre 2001 et à l'utilisation de meilleurs logiciels pour analyser et contrôler l'opération des réacteurs Candu. L'application de ces normes va nécessairement augmenter radicalement le prix de la réfection de Gentilly 2.

Considérant l'importance croissante pour la population de la protection de l'environnement, n'est-ce pas pelleter le problème en avant que de reporter à plus tard l'épineuse question du déclassement de cette centrale et donc son legs.

Comment le gouvernement et Hydro ont-ils déjà pu investir, sans débat public, plus de 300 millions $ sur l'avenir de cette centrale ?

Thierry Vandal soulignait l'importance de Gentilly 2 dans la stabilisation du réseau. Sachant que cette centrale fut souvent arrêtée depuis quelques années, comment ont-ils procédé à ces occasions? Et comment feront-il durant les deux ans de réfection ?

En cas de déclassement, Hydro dit devoir attendre 40 ans avant d'entrer dans le coeur du réacteur par mesure de sécurité pour les employés et la population. Dans le cas de la réfection, une grande partie du travail est le même que lors du déclassement. Comment peuvent-ils expliquer un délai si court (trois mois) avant d'y entrer?

Les médias savent-ils que la chaire en économique de l'énergie électrique de Jean-Thomas Bernard, économiste spécialisé en énergie à l'Université Laval qui a donné un avis favorable au projet de réfection de la centrale de Gentilly 2, fait partie de l'institut Hydro-Québec en environnement, développement et société et est ainsi financée par Hydro?

Par ailleurs, la firme Moody's a averti toutes les entreprises qui se lancent ou se relancent dans l'énergie nucléaire qu'elles pourraient voir leur cote de crédit dépréciée, augmentant les taux de leur prêts. ( H-Q : 34 milliards )Le coût de l'entreposage sécuritaire des déchets radioactifs est maintenant évalué à 1 million $ la tonne. Nous en avons déjà 2 500 tonnes dont nous n'avons pas encore disposé correctement, pour un total de 2,5 milliards $. Ajoutons à cela les déchets de réfection et le combustible pour les 25 prochaines années et la facture des déchets avoisinera les 8 milliards $. N'oublions pas que Gentilly 2 a coûté quatre fois plus cher que les estimations initiales! Finalement, deux conditions fondamentales n'ont pas été remplies. 

Un, sans audiences du BAPE, Hydro et le gouvernement procèdent de façon illégitime du point de vue social et environnemental. Deux, nous sommes obligés de nous fier aux représentants d'Hydro sur la nécessité énergétique de Gentilly 2. Comme ils se sont souvent trompés (certains diraient : nous ont trompés) dans le passé, permettez-nous de douter. 

Des audiences devant la Régie de l'énergie sont absolument nécessaires, mais avec tous les chiffres d'Hydro cette fois-ci, pas seulement une partie.

Expertise mondiale

C'est pour toutes ces raisons que ne sommes pas favorables à sa réfection mais plutôt à son déclassement. Cela représente des opérations considérables de gestion et de mesures de la radioactivité, ce qui créera beaucoup d'emplois. Nous pourrons ainsi développer une expertise mondiale car un nombre grandissant de centrales arrivent en fin de vie et cette expertise est à peu près inexistante. 

La centrale Gentilly 1, voisine de Gentilly 2, pourrait servir à développer cette expertise car elle est arrêtée depuis assez longtemps (30 ans) pour que les travailleurs puissent y avoir accès de façon sécuritaire.

Il est temps pour nous tous de développer les énergies vraiment vertes telles que l'efficacité énergétique, l'éolien, la géothermie, le solaire et autres solutions d'avenir. Le véritable développement durable doit considérer les aspects sociaux, économiques et écologiques d'un projet. Le gouvernement Charest a d'ailleurs voté la Loi sur le développement durable en 2006, loi qui l'obligeait à présenter un plan dans l'année qui suivait, ce qu'il n'a pas fait. Une chose est cependant sûre : la réfection de Gentilly 2 ne répond positivement à aucun des trois critères.